• Arnaud en a définitivement terminé avec le grand Sud et pense déjà aux alizés qu’il devrait toucher dans 12 heures environ.
  • Fort d’un bon décalage dans l’Est le long de l’Argentine, le skipper de La Mie Câline a pu reprendre lundi la onzième place à Fabrice Amedeo.
  • Le retard sur Eric Bellion et Conrad Colman s’est nettement réduit, alors qu’il reste encore plus de 4800 milles à parcourir jusqu’aux Sables d’Olonne.

 

 

Après une semaine de transition qui n’a pas été simple côté météo, les skippers qui entourent Arnaud dans ce désormais fameux « groupe des quatre » (Arnaud, Fabrice Amedeo, Alan Roura, Rich Wilson), naviguent dans des conditions agréables et rêvent d’un enchaînement facile vers les alizés de sud-est, gage de glissages faciles avant le second franchissement du Pot au Noir.

Question moral, la voix ne trompe pas, de même que les photos et vidéos envoyées du bord. Arnaud Boissières a la pêche, ça s’entend et ça se voit ! Après le long tunnel des mers du Sud qui ne s’est pas achevé au cap Horn mais avec une ultime et tonique dépression aux îles Malouines, Cali savourait ce matin de pouvoir naviguer en short et tee-shirt au large des côtes brésiliennes. Rasé de près et plutôt blagueur, il s’avouait bien content d’avoir doublé Fabrice Amedeo qui lui avait ravi la onzième place avant le cap Horn. Et la route devant l’étrave de La Mie Câline semble maintenant assez dégagée : « Là, nous naviguons au près, avec un joli vent médium et une mer parfaitement plate. Tribord amures, je fais du 340° environ et hier, nous avons fait un premier virement au passage d’un front, puis un deuxième aujourd’hui pour rejoindre normalement l’alizé après une petite transition. Après, c’est tout droit jusqu’à Fernando de Noronha*. On pourrait être à l’entrée du Pot au Noir le 3 ou le 4 février »

Du rythme !
Le rythme vers les Sables d’Olonne devrait donc s’accélérer ces jours prochains car on ne peut pas dire que jusqu’ici la remontée de l’Atlantique ait été décoiffante. Comme souvent, les systèmes météo complexes en provenance du continent Sud américain contraignent les trajectoires et saccadent la progression, toujours coincée côté Est par l’anticyclone de Sainte-Hélène. « Mardi, avant de récupérer le flux de Nord, nous avons eu 24 heures de pétole. La mer ressemblait au lac Léman, les voiles ne battaient même pas. C’est quand même assez rare au large une mer aussi plate. Mais on l’avait bien anticipé et je n’étais pas si inquiet de voir Alan Roura revenir dans nos tableaux arrière. Maintenant l’élastique devrait se tendre dans l’autre sens. On devrait toucher le nouveau vent plus favorable toujours un peu plus tôt ». A nouveau leader du groupe des quatre, Arnaud continue de regarder de près la progression de Conrad Colman et Eric Bellion avec lesquels l’écart se réduit. « Ils sont encore loin, ils nous ont mis une telle correction dans le Sud… Mais on se rapproche doucement et notre navigation en flotte est source de performance. Il reste plus de 4800 milles à parcourir jusqu’aux Sables et rien n’est impossible. »

Côté performance, le skipper de La Mie Câline a évidemment suivi l’arrivée des premiers la semaine passée et n’a pas manqué de féliciter Armel Le Cléac’h pour son double exploit : vainqueur bien entendu mais aussi premier marin à terminer trois Vendée Globe consécutif, titre honorifique qu’Arnaud espère bien partager avec le skipper de Banque Populaire dans quelques semaines. « J’ai envoyé un mail à Armel qui m’a répondu tout de suite et on s’est donné rendez-vous aux Sables pour fêter ça ! Je suis très heureux pour lui et globalement, je trouve que c’est un superbe podium car il récompense la ténacité de trois grands marins, qui n’en sont pas à leur première. En course au large en Solitaire, et en sport plus généralement, tu ne fais rien si tu ne t’inscris pas dans la durée ».