Alors que les grosses écuries emploient volontiers 8 à 10 personnes pour faire « tourner » leur 60 pieds IMOCA, ils ne sont que quatre sur La Mie Câline. Evidemment ils ne s’économisent pas ; évidemment, ils sont compétents ; évidemment, ils pensent que leur champion va faire un beau Vendée Globe ! Présentation d’un team où il fait bon vivre.

Bien placé pour savoir que la partition réussie d’un Vendée Globe se joue à plusieurs, Arnaud Boissières ne manque jamais de rendre hommage à son team. « Tous de fortes personnalités, ce qui ne me déplaît pas dit-il de Vanessa, Pierre, Guillaume et Alexandre. Là où ils sont le plus performant ?…  C’est lorsqu’il y a un problème ! » Comme le Vendée Globe est une somme de problèmes à résoudre, ça tombe plutôt bien. Et quand il a fallu trouver un nom pour son site internet, c’est l’URL « lequipedarnaud » qui s’est imposée à l’esprit du skipper. Bel hommage pour ces hommes et femmes de l’ombre qu’il nous présente ici :

Vanessa Boulaire : Responsable administrative et partenaires
« Elle n’a pas le rôle le plus simple reconnaît Arnaud. Surtout dans les semaines qui viennent où le compte à rebours s’accélère. Sur le village, tout semble possible et moi j’ai tendance à dire toujours « oui ». Alors, c’est elle qui doit de temps en temps  dire « non ! » Multi-partenaires, le projet réclame beaucoup de disponibilité de la part de Vanessa qui partage son temps entre l’équipe d’Arnaud et la Class 40 dont elle est responsable du bureau.

Pierre Simon : Chef de projet
« Je le connais depuis que j’ai 15 ou 16 ans. C’est lui qui nous entraînait en Class 8  à Arcachon. A terre, il doit avoir un œil sur tout, anticiper, répartir les tâches, savoir être l’interlocuteur auprès des partenaires. En mer, c’est lui que j’appelle en premier. Il m’a suivi sur les Mini, les Figaro et mon premier Vendée Globe ». Entraîneur au Cercle de la Voile d’Arcachon, Pierre n’a pu obtenir son détachement pour le projet comme en 2007. Alors, il a préféré démissionner pour rejoindre l’équipe d’Arnaud et ne regrette pas. Il redoute en revanche la semaine précédent le départ (« la pire ») et attend le 6 novembre pour trois mois de veille privilégiée : « Je vis avec deux téléphones de peur que l’un tombe en panne, dit l’Arcachonnais. Je ne m’écarte pas à plus d’un quart d’heure de la maison, je suis comme en course avec lui. C’est ça que je viens chercher. »

 Guillaume Le Fur : Boat Captain
« Guillaume m’accompagne depuis 2007. Il est hyper compétent du fait de sa formation d’officier de la marine marchande et par l’expérience accumulée en trois Vendée Globe. Dans tous les domaines qui finissent par « ic », électronique, mécanique, hydraulique, électrique, il est incollable. C’est un fidèle, il n’a pas hésité à me rejoindre quand le projet était encore incertain. Il est plus apaisé qu’avant et toujours aussi concerné. »
Guillaume qui en est à son troisième départ avec Arnaud a hâte d’être au 6 novembre :  « Lui comme nous, tout le monde a envie d’être le jour du départ. On vit toute la préparation pour ça et c’est une autre histoire qui commence. Comme on dit entre préparateurs lorsque les bateaux embouquent le chenal des Sables : « les ennuis sont terminés, les emm… peuvent commencer ! » »

Alexandre Carraro : Equipier, responsable composite et gréement
«  Il a l’accent qui chante et c’est le « monsieur Sourire » du bord. Il débarque du bâtiment, a une grosse énergie et une énorme soif de progresser. Il est très manuel, déjà bon en composites et apprend vite ! » dit le skipper avec affection pour le plus jeune de l’équipe qui le lui rend bien :  « Il y a quatre ans, je débarquais dans le milieu de la voile. Aujourd’hui je suis sur un IMOCA, c’est magique. Et aux côtés d’Arnaud, c’est un luxe. Je l’appelle « patron » pour rigoler, mais c’est vrai que c’est un monsieur. Il est exigeant mais généreux, toujours calme et ça me fait du bien de travailler avec des gens calmes moi qui vient du Sud ! Surtout, j’espère que ça va durer longtemps ! »

Durer longtemps, Arnaud reprend la balle au bond et conclut :
« C’est important de s’inscrire dans la durée. Même si eux ne me questionnent pas toujours parce qu’ils sont d’abord focalisés sur le 6 novembre, moi je leur parle de l’après. De toutes façons, ils savent bien que tout seul, je ne peux rien faire. Toute l’énergie investie dans ce projet, elle doit nous servir pour plus tard. La réussite de ce Vendée sera à la fois une récompense et le signe d’un nouveau départ ».