« J’ai vu au loin une voile et je suis content parce que mon système AIS marche. On était assez proches et je l’ai appelé en anglais mais en fait il m’a dit de parler français. Il y a des gens qui partent en croisière autour du monde en famille. Ils allaient jusqu’en Guyane et étaient partis de Cape Town le 20 décembre. Ça fait un moment que je n’ai pas touché terre et lui non plus. Je pense que lui comme moi on avait envie de parler. Il trouvait que j’allais vite, j’étais sous génois et grand-voile. Quand il y a quelque chose sur l’eau, que ce soit un dauphin, une baleine ou un plaisancier, c’est toujours excitant. C’est marrant parce qu’il n’était pas au courant de qui avait gagné le Vendée Globe. »

« Depuis ce matin le ciel est plus chargé que les jours précédents. Pour l’instant j’ai un vent d’Est/Sud-Est, je glisse relativement bien. A priori le Pot au Noir n’est pas très actif mais c’est toujours un stress. Il fait lourd, il fait chaud. Il y a des poissons volant. Je prends deux douches par jour. Je vais à l’avant du bateau pour prendre une douche car il est souvent chargé d’embruns. Pour l’instant tout va bien, j’ai 16 nœuds et j’aime bien la chaleur. Il reste 15 jours de mer pour moi donc c’est encore long. »

Un mot pour Louis Burton
« Jusqu’à maintenant, tous ceux qui arrivaient, je ne prétendais pas finir devant eux. Louis a fait une super course surtout dans le Sud. On a le même potentiel de bateau donc il me la met bien mais je suis content pour lui et pour son partenaire.  Il y a quatre ans il n’avait pas eu de réussite et là il fait un superbe Vendée. Je pense à lui, à sa compagne Servane Escoffier, navigatrice aussi. Je vais ouvrir une bière au passage de l’équateur et je boirai un coup pour lui. »

À l’attaque jusqu’au bout
« Avec Fabrice on était au contact il n’y a pas si longtemps que ça. À la faveur d’un empannage, il s’est décalé plus Ouest, avec moins d’air. J’ai un écart de 150 milles sur lui mais surtout, on a réduit l’écart sur Conrad (Colman). C’est ça qui me plait. Je me dis aujourd’hui que tout reste encore possible. Onzième ou douzième c’est quasiment pareil, mais si j’ai l’opportunité de gratter une autre place je le ferai. J’essaye d’y aller à fond. Avec un bon Pot au Noir et une bonne trajectoire, tout est possible en mer. C’est ce que je me dis pour vaincre la solitude qui pèse parfois. Chaque manœuvre est importante. »

La nourriture
« J’avais pris 90 jours de nourriture mais ma compagne avait rajouté plein de trucs à droite à gauche. Dans l’Atlantique je n’ai pas beaucoup mangé donc j’ai du rab. J’ai de quoi me nourrir jusqu’au 17 Février. A la fin je n’aurai plus de choix mais ce n’est pas grave. Je suis serein. J’ai aussi du gasoil au cas où mon hydro générateur ne fonctionne plus mais il marche à merveille. Tout va bien de ce côté là et tant mieux car la jouer à la Parlier ça ne me plairait pas trop.

Vous ferez une grosse bise à Louis de ma part. Bravo Bureau Vallée! »

Source : http://www.vendeeglobe.org/fr/actualites/18547/vacations-arnaud-boissieres-si-j-ai-l-opportunite-de-gratter-une-autre-place-je-le-ferai

Pour écouter le son: http://www.vendeeglobe.org/fr/audios/skippers/73