« Alex peut gagner le Vendée Globe, il navigue super bien. C’est chouette le duel de devant mais j’ai l’impression que sur ce Vendée Globe, il y a beaucoup de duels partout !

Les Anglais sont redoutables en régate. Quand on va naviguer à l’Île de Wight sur le Fastnet par exemple, ils sont toujours redoutables à chuter, ils ont une rigueur que nous, les Français, avons moins. Ca serait énorme… mais la route est longue, même pour eux, pour aller aux Sables.

Avec les concurrents qui sont à côté de moi, on s’écrit pas mal, même avec Rich Wilson. Je trouve que Rich est le gentleman du Vendée Globe. Il est très élégant dans tout ce qu’il dit, tout ce qu’il raconte, dans la manière de préparer le bateau, au départ… et là, avec Fabrice Amedeo, Eric Bellion et Alan Roura, on s’écrit pas mal. C’est assez sympa parce qu’on se rend compte qu’une Route du Rhum ou une Transat Jacques Vabre, ce sont des sprints. Là, c’est plus long, il y a un peu de longueurs et du coup, parfois, ça aide de s’écrire entre concurrents qui sont juste à côté et c’est plutôt agréable et sympa qu’ils soient français, anglais, suisse, américain… là où on en est, on s’en fiche.

La différence entre l’océan Indien et le Pacifique ? C’est ce qu’on n’a pas en ce moment ! En principe, dans l’océan Indien, la mer est souvent croisée, le bateau est souvent malmené, les dépressions sont un peu agressives et là on est dans le Pacifique et pourtant, on a encore une mer croisée. On aimerait faire de l’Est sur un bord et rapide comme a fait Louis Burton qui a fait une superbe trajectoire mais, pour le moment, le Pacifique, il est pas vraiment bien pour là où on est. On fait du Nord Est pour aller accueillir une dépression qu’on aura mardi. En principe, le Pacifique c’est plus fort mais plus rangé. Peut-être qu’à partir de mercredi ou jeudi prochain, ça sera ça.

Hier, j’avais un petit coup de moins bien physique, j’étais un peu fatigué. Du coup, quand tu es un peu fatigué physiquement, tu as un petit coup au moral mais c’est sympa parce qu’à terre, mes proches m’ont écrit, ma femme, mes amis et avec les concurrents qui sont à côté de moi on s’écrit régulièrement du coup on peut se reconcentrer après sur la marche du bateau, sur la stratégie, ça permet de se remotiver. Ça fait un bon moment qu’on est en mer ; il y a un petit phénomène peut-être de lassitude ou de longueur mais bon, je me dis (c’est ce qu’on s’est dit avec Eric Bellion), que ça serait pire si on était à terre à avoir abandonné le Vendée Globe ou même pire, à ne pas avoir pris le départ. Moi je me dis ça régulièrement, c’est génial ce que je vis au quotidien, c’est un sacré privilège que j’ai d’être ici. Ca me réconforte de là où je suis. Si des fois il fait froid, les manœuvres sont délicates… Je suis un sacré privilégié ! »

 

Vacation de l’organisation du samedi 31 décembre, 12h.

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